Chroniques Cinéma À couteaux tirés - Les traditions d'un genre

À couteaux tirés – Les traditions d’un genre

Qu’est-ce qui fait un bon film d’enquête? Un bon rebondissement ou serait-ce plutôt l’enquête qui mène vers le dénouement?

Avant de commencer à écrire sur le film que j’ai vu, laissez-moi me présenter, ainsi que la chronique qui va suivre.


Je suis un cinéphile depuis aussi longtemps que je me souvienne. Mon premier souvenir cinématographique, c’est Le parc jurassique que j’avais vu quand j’avais environ 5 ans. Un film que j’avais vu au défunt cinéparc situé entre Ste-Luce et Pointe-au-père.

Ce film m’avait tellement subjugué à l’époque, qu’encore aujourd’hui je le regarde une fois de temps en temps et je reste bouche-bée devant ce bijou du cinéma. En vieillissant, j’ai aussi découvert d’autres classiques du cinéma comme : Les dents de la mer, Il faut sauver le Soldat Ryan (oui, j’ai une passion pour le cinéma de Spielberg), RoboCop, La Matrice, Fiction Pulpeuse, etc.

Mes études au Cégep de Matane m’ont appris pourquoi certains films marques plus que d’autres. Dans le cours de Multimédia, on nous apprenait quelques trucs que les artisans du cinéma ont pour créer un bon, ou un moins bon, film.

Dans les prochaines chroniques, je parlerais des films du moment, mais je vais aussi aborder l’art cinématographique en général. J’espère réussir à vous partager ma passion pour ce médium qui me fascine depuis toujours.

Le film

Nous pouvons maintenant entrer dans le vif du sujet. Le film sur lequel j’ai jeté mon dévolu cette semaine, c’est À couteau tiré, une comédie policière scénarisée et réalisée par Rian Johnson. Ce film se place dans l’univers codifié des œuvres d’enquête à la Agatha Christie (j’y reviendrais) et de Colombo.

Le réalisateur est connu pour son travail sur Star Wars épisode VIII et le très bon Looper. Il a aussi réalisé l’un des meilleurs épisodes de la série Breaking Bad, La mouche.

Johnson s’est entouré d’une belle brochette d’acteurs, avec Ana de Armas (Blade Runner 2049) dans le rôle-titre, secondé par Daniel Craig (James Bond), Chris Evans (Capitaine America), Jamie Lee Curtis (Halloween) et Michael Shannon (L’homme d’acier) pour ne nommer que ceux-là.

Durant les 130 minutes que dure le film, nous allons suivre l’enquête de Benoit Blanc (Daniel Craig) sur la mort suspecte d’un riche auteur de roman policier. Nous suivons aussi Marta Cabrara (Ana de Armas), car celle-ci était l’aide-soignante du défunt et a été dans les dernières personnes à avoir côtoyer celui-ci.

La critique

Le film suit les codes du genre à la perfection. On sent que l’auteur du film s’est largement inspiré des œuvres d’Agatha Christie, ne serait-ce que par le nom de l’enquêteur du film, qui rappel sans mal le célèbre Hercule Poirot de l’autrice de renom.

Ce qui m’a un peu déçu, c’est la facilité que j’ai eu à trouver qui était le véritable antagoniste du film, mais heureusement, l’histoire était assez bien ficelée pour garder le spectateur en intérêt. Bien sûr, je ne vais pas écrire quel personnage est l’assassin, je vous invite à aller voir le film pour le découvrir.

C’est à ce moment que je me suis demandé cette question : Qu’est-ce qui est le plus important dans ce genre de film, l’intrigue ou le rebondissement à la fin? Ce film me fait pencher du côté de l’intrigue, car même si je savais qui était l’assassin, j’étais curieux de voir comment les personnages du film le découvriraient.

Du côté technique, le film ne prend pas beaucoup de risque. La trame audio ne ressort pas du lot et la direction photo reste très classique. Un seul choix de réalisation m’a surpris positivement. Lorsque le personnage de Marta est déstabilisé par une nouvelle, elle sort du manoir et la caméra est à l’épaule du caméraman et le manque de stabilité de l’image nous plonge encore plus dans la psyché du personnage.

Un point fort du film, c’est son décor. La présence de livre, de la chaise où lorsqu’un personnage est assis, celui-ci est auréolé d’une panoplie de couteaux et la présence des poupées. Tout ça donne une ambiance étrangement malsaine, mais qui représente bien la majorité des personnages qui sont eux-mêmes malsains et manipulateurs.

L’humour est présent dans le film, de façon bien dosée. Ne vous attendez pas à vous tordre de rire à la suite d’un calambour, mais bien à sourire après une réplique, surtout de la part du détective Blanc.

En conclusion

Comme je l’ai écrit quelques paragraphes plus tôt, je vous invite sincèrement à aller voir le film. J’ai passé un bon moment et j’avais hâte de découvrir les motivations des personnages. Cependant, je considère le film légèrement trop long, certaines scènes auraient pu être coupé ou certains dialogues, sans rien enlevé à l’histoire. Ma note finale pour le film est de 8/10.